noxéd. Syros, 417 p., 2012. 16.90 euros.

 

Une ville séparée en deux. A l'air libre, les plus riches, ceux qui n'ont qu'à appuyer sur un bouton pour faire surgir l'électricité, à laisser couler l'eau pour se laver sans se poser de questions. Sous la Nox, un nuage de pollution, vivent les plus pauvres, les plus nombreux. Dans la pollution, le délabrement, l'ombre, voire l'obscurité la plus totale, vivent des milliers de gens obligés de pédaler pour produire de l'énergie, de se guider grace à des dédales de cordes... Lucen est de ceux-ci. Il partage son quotidien entre sa famille et ses amis. Ceux-ci sont toutefois de plus en plus tiraillés par leurs parents. En effet, certains sont fils de miliciens : partisans pour que chacun tienne son rang, réglant les problèmes dans la violence et la terreur, d'autres, fils d'opposants, partisans d'un changement, d'un mélange entre les classes sociales.

Lorsque la ville haute vient se mêler du quotidien de notre jeune adulte, tout est sur le point de basculer et les choix se font de plus en plus importants à faire.

 

Yves Grevet est de retour avec une nouvelle série qui nous rappelle furieusement sa série Meto. L'auteur nous donne à voir une société ultra codifiée, ultra violente, où vont s'entremêler des destins très différents et où les choix des uns vont avoir des impacts déterminants sur les vies des autres.

J'avoue qu'il est assez rude d'entrer dans l'univers de ce roman, d'accepter tous ces codes qui nous semblent intolérables, injustes, mais Yves Grevet a le talent de créer des univers complétement atypiques, hors du commun. L'intérêt de ce roman est également celui de nous présenter les points de vue de différents protagonistes. En effet, si Lucen est le personnage principal autour duquel gravite tous les autres, ceux-ci prennent tour à tour la parole, nous donnant des points de vue différents sur une même situation, ce qui est tout à fait passionnant lors de conflits sociaux.

Un roman très riche, très dur aussi, à conseiller à de bons lecteurs adolescents ou à des adultes. Dans tous les cas, il est évident qu'Yves Grevet tire son épingle du jeu et renouvele avec talent le genre, que l'on prenne plaisir ou non à lire ses romans.

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