Partager l'article ! Lettre à mon ravisseur / Lucy Christopher: trad de l'anglais Cathrine Gibert, éd. Gallimard jeunesse (Scripto), 346 p., 2010. 13 euros. ...
trad de l'anglais Cathrine Gibert, éd. Gallimard jeunesse (Scripto), 346 p., 2010. 13 euros.
Gemma est une adolescente londonienne. Elle vit avec ses deux parents un brin bobo. Alors qu'elle est à Bangkok, entre deux avions, la jeune fille va faire la rencontre d'un homme mystérieux, attirant, plus âgé qu'elle. Alors qu'elle commande un café, celui-ci lui offre et la discussion démarre. Gemma ne s'imagine pas que cet homme a tout prévu, de la droguer, de la camoufler et de l'enlever. Au nez et à la barbe de ses parents, Gemma est kidnappée et va se réveiller au milieu de nulle part, dans une ferme entourée de sable. Du sable à perte de vue et Ty, l'homme rencontré à l'aéroport, c'est ce à quoi Gemma va devoir faire face tous les jours. Est-ce bien la première fois que Gemma rencontre cet homme ? Que lui veut-il ? Comment va-t-elle réussir à survivre dans le bush ? Combien de temps vont mettre ses parents et les autorités à la retrouver ?
Gemma est la narratrice de ce roman, qui est en fait une longue lettre qu'elle adresse directement à son ravisseur. Elle nous raconte tous les détails de cette rencontre qui va, à jamais changer sa vie, jusqu'au dénouement de son rapt. La peur, la colère, la haine, mais aussi les remises en question, le doute et l'amour... dans ce qu'il peut avoir de plus perturbant. Entre syndrome de Stockolm et découvertes des paysages ensorcellants du bush australien, Lucy Christopher signe un roman hors du commun. L'auteur réussit à jouer sur la corde sensible, on ne peut ni haïr ni aimer ce kidnappeur perdu, vivant dans un monde rêvé, perturbé et en même temps très émouvant. On suit Gemma pas à pas, évoluant avec elle au fur et à mesure du roman. Un vrai travail psychologique, une atmosphère très bien rendue, qui étonnent et ne laissent pas indifférent.