je mourrai pas gibieréd. du Rouergue (doAdo noir),75 p., 2006. 6.50 euros.

 

Martial est un jeune homme vivant à Mortagne, un petit bled dont les habitants sont partagés entre les vignes et le bois. Les uns détestant les autres et vice-versa. Le quotidien de chacun est ainsi rythmé de petites vengeances, bagarres et autres réglements de compte en tout genre. Martial a choisi une autre voie, celle de la mécanique et fuit du lundi au vendredi son village. Toutefois, le jour du mariage de son frère, tout va basculer et, armé d'un fusil de chasse, il va ouvrir le feu sur la noce et tuer plusieurs personnes.

 

De la violence quotidienne à la violence aveugle, le village semble être ravagé par un mal dont il ne saura se dépétrer et dans lequel chacun semble se complaire. Ce n'est que des années après la parution de ce roman que je m'y suis plonger, après que celui-ci ait fait couler beaucoup d'encre et susciter de nombreux débats.

Martial s'adresse directement aux lecteurs juste après son arrestation, remontant le fil des mois pour expliquer le cheminement le conduisant à être l'auteur d'une tuerie touchant sa propre famille. A l'heure d'une certaine banalisation de la violence et de l'étalage des faits divers tous plus sordides les uns des autres, un tel roman n'est finalement pas plus surprenant que cela, mais reste extrêmement complexe à analyser. Guillaume Guéraud sait être percutant, toucher là où ça fait mal et nous faire nous poser des questions sur nos comportements en société et la manière dont nous gérons notre violence, nos frustrations. Ce roman, qui se rapproche plus de la nouvelle, choque et suscite le débat. Je pense d'ailleurs que c'est dans le but de remuer dans les brancards qu'il doit être conseillé, afin de provoquer des réactions et sans doute amener les adolescents à réfléchir sur leur manière d'être les uns avec les autres et comment, les violences qui peuvent nous sembler banales, ne sont rien d'autres que les prémices du pire. 

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